Dans quel contexte doivent se dérouler les luttes pour la survie du français, mais aussi de l'arabe ou du mandarin, etc. ?

Nous sommes en face de gens ABSOLUMENT dépourvus de tout cette morale ou sens de l'éthique auxquels nous sommes sommés de nous plier. L'absolu de leur inhumanité est très facile à découvrir, encore faut-il vouloir ouvrir les yeux.

L'article suivant prend tout son sens, avec l'allusion du Président Clinton après la conférence économique de Davos (Suisse) en Janvier 2000, rapportée dans le quotidien de Genève, Le Temps, du Samedi-Dimanche 30 Janvier 2000 : le prix à payer pour la richesse obscène de quelques uns est que "les riches tolèrent dans le monde d'immenses zones de non-droit et de pur banditisme".

Je signale tout de suite que par "riche", aux États Unis, on entend "biens de dix millions de dollars" américains et plus !

Pour ceux qui vivent au Canada, cet article apporte quelques réponses sur l'incompréhensible immunité du crime organisé comme le groupe des "Anges de l'Enfer" qui réussisent à prospérer, aprés voir assassiné plus de 150 personnes au Québec en moins de cinq ans et pourquoi, le maire de Toronto, Mel Lastamn, tout en dénonçant l'antisémitisme de ceux qui critiquent Israël, n'a eu aucune honte à déclarer "ce sont des gens comme tout le monde" (sic!) et à serrer la main d'un de ces gangsters devant les photographes du "Soleil de Toronto" et de l'"Étoile de Toronto" lors d'une convention tenu par ces fameux Anges dans l'hotel le plus chic de la ville sous l'oeil bienveillant du chef de police Fantino, habituellement sans pitié lors des répressions de manifestations à caractère sociale qui se sont déroulées dans la ville de Toronto.

J'espère que vous me pardonnerez cette disgression, mais , au risque de me répéter, je dirais que dans un tel contexte il est indispensable de savoir à qui nous avons à faire et d'évaluer l'âpreté de la lutte qui ne fait que commencer.

S.


Traduction par S. d'un article paru dans le quotidien mexicain: La Jornada, le 19/5/2001

L'argent sale, fondation de le croissance et de l'empire - Importance et envergure du blanchissage de l'argent par kes banques américaine.

James Petras - Professeur en Sociologie à la "Binghamton University", NY.

Il existe un consensus, parmi les enquêteurs du Congrés américain, les anciens banquiers et les experts en activités bancaires internationales, selon lequel les banques américaines et européennes "lavent" environ de 500 milliards à 1 milliards de milliards de dollars US, d'argent sale, chaque année, dont la majorité est traitée dans les seules banques américaines.

Selon un sénateur américain, Carl Levin, "nous estimons que 500 millirads à un trillion de dollars, provenant d'activités criminelles sont virés, internationalement, tous les ans, dans des comptes bancaires. Nous estimons que plus de la moitié de ces fonds vient aux États-Unis.

Pendant plus d'une décennie, environ 5 trillons de dollars de provenance criminelle ont été blanchis et ont été mis en circulation dans les circuits financiers américains. La déclaration du sénateur Carl Levin, ne couvre seulement que les origines criminelles et définies comme telles par la législation américaine.

Elle n'inclue pas les transfers illégaux et les fuites de capitaux en provenance de leaders politiques corrompus ou des évasions fiscales d'entreprises situées à l'étranger. Un chercheur américain, expert en finances internationales et associé avec le prestigieux Brookings Institute, déclarait: "Le flot d'argent généré par la corruption en provenace des pays du Tiers-Monde, et des pays d'économie dite "en transition" (ex-communistes) dans les coffres de l'Ouest atteint de 20-40 milliards chaque année et la quantité d'argent provenant de transactions commerciales surévaluées s'élèverait à 80 milliards de dollars annuels et même plus. Mon estimation la plus basse fixe à 100 milliards/an les montants provennant par ces deux canaux, dont la moitié, au moins, aboutit aux USA.


En incluant d'autres facteurs de fuite illégale de capitaux, nous donnerait des chiffres beaucoup plus élevés. L'expert de la Brookings Institute n'a pas inclue, non plus, les transferts illégaux de propriété immobilière, de titres de placements, de virements frauduleux etc. .

En d'autres mots le montant incomplet d'argent sale (en provenance du blanchiement et de la corruption) qui a abouti dans les coffres américains durant les années 90, s'élève à 3-5.5 trillions de dollars. Ceci ne représente pas l'image complète de la situation, mais nous fournit une base à partir de laquelle nous pouvons évaluer l'importance du "facteur argent sale"


En tout premier lieu, il est clair que les flots combinés d'argent sale et d'argent blanchi couvrent une partie du déficit américain de sa balance commerciale qui est, annuellement, de plusieurs centaines de milliards de dollars.

En réalité le déficit commerciale américain est d'environ 300 milliards de dollars. Sans l'argent sale, la dette extérieure de l'économie américaine serait totalement insoutenable, le niveau de vie coulerait à pic, le dollar s'affaiblirait, la disponibilité de capital destiné aux investissements et aux prêts se réduirait et Washington ne pourrait plus soutenir son empire global.


De plus, l'importance de l'argent blanchi est appelée à croître. L'ancien banquier privé, Antonio Geraldi, qui témoignait devant le sous-comité sénatorial, donne une image de l'importance de la croissance pour le système bancaire américain: "Les spécialistes prédisent aussi que la croissance de l'argent blanchi se fera en milliards de milliards de dollars, et croîtra de façon disproportionnée par rapport à la masse de capitaux légitimes." Les 500 milliards de dollars et plus d'argent provenant du crime et d'argent blanchi qui circulent à travers les plus grandes banques américaines dépassent, de loin, le revenu net de toutes les compagnies de technologie de l'information des États-Unis, sans parler de leurs profits.

Cet afflux annuel d'argent surpasse tous les transfers des grandes pétrolières américaines, des industries militaires et des fabricants d'avions. Les plus grandes banques américaines, particulièrement Citibank, obtiennent un haut rendement de leurs profits bancaires sur l'argent du crime et l'argent blanchi. Les grandes banques américaines et les grandes institutions soutiennent le pouvoir global américain grâce au blanchiement d'argent et à la gestion des fonds illégaux en provenance de l'étranger.

Les Banques américaines et l'Empire de l'argent sale


Washington et les media ont dépeint les É.U. comme étant à la pointe de la lutte contre le trafique de drogue, contre le blanchiement d'argent et la corruption politique: l'image présentée est celle de mains blanches très propres qui se battent contre l'argent sale. La vérité se trouve exactement à l'opposé.

Les banques américaines ont développé une série de mesures très élaborées pour transférer les fonds illicites aux États-Unis, pour investir ces fonds dans des entreprises légales ou dans des bons du gouvernement, pour les légitimiser.

Le Congrès américain a tenu de nombreuses audiences, fournit des rapports détaillés sur les pratiques illicites des banques, passé de nombreuses lois et cde nombreux organismes de contrôle et de banquiers privés ont demandé une applications plus sévère de ces lois, rien n'y fait, et les grandes banques continuent leurs pratiques, les sommes d'argent sale croissent exponentiellement, parceque l'État et les banques n'ont ni la volonté politique ni intérêt de mettre fin aux pratiques qui procurent de gros profits et soutiennent un empire, sans cela, très fragile.

La première des choses à noter au sujet de l'entreprise de blanchiement d'argent, provenant du crime ou de la corruption, est qu'il est pratiqué par les plus grandes banques américaines des États-Unis.

Deuxièmement, les pratiques des cadres bancaires impliqués dans le blanchiement d'argent ont le soutien et l'encouragement des plus hauts niveaux des institutions bancaires - Ils ne s'agit en aucun cas d'affaires isolées éxécutées par des éléments incontrôlés.

C'est clair dans le cas du blanchiement de 200 millions de dollars de Raul Salinas (Frère de l'ex président du Mexique) éxécuté par Citibank. Quand Salinas fut arrêté et que fut exposée l'envergure de son détournement à grande échelle, des fonds gouvernementaux, son banquier privé, à Citibank, Amy Elliott raconta à ses collègues que cela "était connu par les plus hauts responsables de la banque. Nous ne sommes que des petits pions dans toute cette affaire." (page 35)

Citibank, le plus grand blanchisseur d'argent, est la plus grande banque des États-Unis, avec 180 000 employés à travers le monde, opérant dans 100 pays, avec 700 milliards d'actifs connus et plus de 100 milliards en actifs appartenant à des clients dans leur service de banque privée (compte secrets),  qui gère des succursales dans 30 pays, ce qui fait de Citibank la plus grande banque privée américaine.

Il est important de clarifier ce que l'on entend par "Banque privée". La banque privée est un secteur qui s'adresse aux clients extrêmement fortunés (dépots de 1 million de dollar et plus). Ces grandes banques prélèvent un honoraire à leurs clients pour la gestion de leurs biens et pour la fourniture de services spécialisés.

Les services des banques privées vont bien au delà des services bancaires ordinaires et incluent conseil, plan de succession, assistance fiscale, comptes off-shore, et systèmes complexes de protection de la confidentialité d'opérations financières éxécutées pour leurs clients.

L'attrait des banques privées pour le blanchiement d'argent réside dans le fait qu'elles vendent le secret bancaire à des clients dont l'argent est sale.

Il y a deux méthodes pour blanchir l'argent: à travers les banques privées et à travers un correspondant bancaire. Les banques privée utilisent régulièrementdes noms de code pour identifier les comptes, des comptes dits de concentrations (les comptes de concentrations mélangent les fonds de la banque avec les fonds des clients ce qui coupe-circuite la piste de la documentation de milliards de dollars transférés éléctroniquement) qui masquent les mouvements de fonds des clients. Et les investissements dans des compagnies d'investissement off-shore situées dans des pays dotés de lois de secrets bancaires très strictes(Ile Cayman, Bahamas etc.) Par exemple, dans le cas de Raul Salinas, le personnel de la section Banque Privée à Citibank aida Salinas à transférer de 90 à 100 millions de dollars hors du Mexique d'une façon qui déguisa efficacement la sources des fonds et leur destination, brisant ainsi la piste d'audit des écritures. Citibank établit régulièrement des compagnies écran off-shore, en fournissant à Salinas un nom de code secret, et fournit également un faux-nom à un tiers intermédiaire qui déposa l'argent dans un compte de Citibank à Mexico et transferra ensuite les fonds dans un compte de concentration à New-York d'oú ils furent transférés en Suisse et à Londres.

Les PICs (Compagnies d'investissements Privés - Private Investment Companies) ont été conçues par les grandes banques dans le but de garder et camoufler les avoirs d'un individu. Les hommes de paille responsables, les administrateurs et actionnaires de ces compagnies écrans sont eux mêmes des entités virtuelles, des compagnies écrans (1) contrôlées par la Banque Privée. La PIC devient alors le titulaire de différents comptes bancaires et investissements et le lien de propriété qui unit les clients de la banque privée, avec les fonds et investissements est camouflé par des enregistrements qui ne relèvent que de la seule compétence juridique des Iles Cayman. Les banquiers privés de grosses banques comme Citibank ont constamment, en réserve, des PICs, en attente d'être activées dèes qu'un client de la banque privée en ressent le besoin. Le système fonctionne comme ces poupées russes, les Matryoshka, une poupée dans une autre poupée, elle même dans une autre poupées, ce qui à la fin peut devenir impénétrable en cas de poursuites judiciaires.

La complicité de l'État dans le blanchiement d'argent par les grandes banques, devient évidente dès que l'on en examine l'historique. Le blanchiement par les grandes banques a été soumis à des enquêtes, des audits, il a été critiqué et exposé publiquement , et a fait l'objet d'une législation. À la suite de quoi, les banques ont écrits des procédures de fonctionnement pour se plier à cette législation.

Malgré tout, des banques comme Citibank et les autres dix grandes banques des É.U. ignorent procédures de fonctionnement interne et lois, et le gouvernement ignore le refus des banques de se conformer à la législation en vigueur et à leurs propres procédures internes.

Durant les 20 dernières années, les blanchiements, par les grandes banques, de fonds d'origine criminelle et de fonds pillés ont augmenté de façon géométrique, nanisant les taux de profit des activités de l'économie officielle. Les taux de rendement évalués par les experts , dans le marché des Banques Privées, se montent à 20-25% annuellement. Des enquêtes parlementaires révèlent que Citibank a fourni des "services" à 4 escrocs politiques pour 380 millions: pour Raul Salinas 80-100 millions, pour Asif Ali Zardari (mari de Benazir Bhutto, ancienne premier ministre du Pakistan) plus de 40 millions, pour El-Haj Omar Bongo (dictateur du Gabon depuis 1967) plus de 130 millions, pour les fils du général Abacha, ex dictateur du Nigeria, plus de 110 millions.

Dans tous les cas Citibank a systématiquement violé ses propres procédures et les recommendations du gouvernement. Il ne fut établi aucun profile de client , aucune recherche sur la provenance des fonds, ni sur les violations éventuelles des lois des pays de provenance. Au contraire les banques ont facilité l'évasion de capitaux avec leurs stratégies habituelles: des compagnies écrans déja prêtes furent activées, les capitaux furent déplacés vers des comptes de concentrations, puis investis dans des entreprises légales ou en bons du gouvernement US etc.

Dans aucun de ces cas - ou dans des milliers d'autres cas - la clause de "due diligence", effort sérieux de l'application des procédures , ne fut respectée par les banques (sous la clause de "due diligence" une banque privée est mise, par la loi, dans l'obligation de prendre les mesures nécessaires pour s'assurer que l'on ne facilite pas le blanchiement d'argent).

Dans aucun de ces cas, les cadres supérieurs des banques ne furent poursuivis et jugés. Même aprés l'arrestation de ses clients, Citibank continua de fournir ses services, y compris les transfers de fonds vers des comptes secrets et la fourniture de prêts.

Correspondant bancaire: la seconde piste

La deuxième voie suivie par le grandes banques, pour blanchir de centaines de milliards de dollars d'atrgent sale consiste à utiliser un "correspondant bancaire (BC, Banking Correpondent).

Un CB est un arrangement de banque à banque. C'est un secteur bancaire des grandes banques, très profitable et très imprtant. Il permet à des banques de l'étranger de mener leurs affaires et de fournir des services à leurs clients - y compris les trafiquants de drogues et d'autres individus engagés dans des activités criminelles- dans des juridictions telles que celle des États-Unis, oú ces banques n'ont aucune présence physique.

Une banque qui a une licence d'opération dans un pays étranger et n'a aucun bureau aux É.U. attire les clients criminels fortunés interessés à blanchir de l'argent aux É.U. Au lieu de s'exposer aux contrôles américains, et d'encourir de gros frais de bureau et de rerprsentation aux États-Unis, la banque étrangère, ouvrira un compte dans une banque américaine. En établissant une telle relation, la banque étrangère appelée le "répondant", et par son entremise, ses clients criminels, pourront jouir de tous les services offerts par les grandes banques américaines, appelées "correspondants".

Aujourd'hui, toutes les grandes banques américaines ont établi de nombreuses relations sur la base de réseaux de "correspondants", à travers le monde, pour pouvoir effectuer des transactions financières internationales pour elle-mêmes et leurs clients dans des endroits oú elles n'ont pas de présence physique.

En retour, un grand nombre des plus grandes banques américaines et européennes situées sur les places financières à travers le monde, servent de correspondant pour des milliers d'autres banques. La plus part des banques offshore qui blanchissent des milliards pour leurs clients criminels, ont des comptes aux États-Unis.

Toutes les grandes banques spécialisées dans les transfers de fonds internationaux sont appelées centres bancaires monétaires, les plus importants traitent jusqu'à un trillon de dollars par jour.

Pour les criminels milliardaires, l'attrait particulier présenté par les "correspondants", réside dans le fait qu'il procure un accés direct aux systèmes de transfers internationaux de fond qui facilitent les envois rapides d'argent aussi bien au delà des frontières nationales, que de banque à banque, à l'interieur d'un même pays.

D'aprés l'estimation la plus récente, datant de 1998, il existe, à travers le monde, 60 zones de juridiction offshore qui délivrent environ 4 000 licences de banques offshore qui contrôlent approximativement 5 trillons de biens.

Une des plus grande source d'appauvrissement et de crise que ce ce soit en Afrique, en Asie, en Amérique Latine ou en Russie et dans les pays de l'Est, est le pillage de l'économie, à l'échelle de centaines de milliards de dollars qui sont transféré hors de ces pays et continents à travers le système bancaire de "correspondants" et du système de banques privées reliées aux plus grandes banques des États Unis et aussi d'Europe.

Seulement la Russie, a vu disparaitre plus de 200 milliards de dollars au cours des années 90. Ce transfer massif depuis ces pays vers les banques des USA et d'Europe a causé un appauvrissement des masses, l'instabilité économique et des crises qui ont, à leur tour, rendus ces pays, vulnérables aux pressions exercées par le FMI et la BM, dans le but de libéraliser leurs systèmes bancaires et financier, ce qui, encore une fois, par voie de conséquence, a accru la fuite des capitaux qui s'ajoutant à la déréglementation ont généralisé une plus grande corruption et des transfers illégaux vers l'étranger, toujours à travers le système de banques privées, tel que cela est détaillé dans les rapports au sénat américain.

La polarisation croissante, observée à travers le monde est ancrée dans ce système de transactions financières criminelles et corrompues. Pendant que la spéculation et la "dette" jouent un rôle majeur dans le sabotage des niveaux de vie dans les régions à crises, le blanchiement par milliards de milliards de dollars de dollars et le service rendu par les banques aux élites corrompues est un facteur beaucoup plus important pour soutenir la prospérité occidentale, la construction de l'empire américain et la stabilité financière.